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mardi 11 février 2020

Comptage chiroptères à la Grotte de Fuilla

Mardi 11 février 2020
Grotte de Fuilla
Participants : Boris B., Cholé P. et Nicolas A.

La Grotte de Fuilla constitue une des six entrées du grand Réseau karstique de Fuilla-Canalette qui s'étend sur près de 27 km. Elle est également réputée pour abriter une des plus importantes colonies d'hibernation de chauve-souris du département avec la présence en grand nombre de Grands Rhinolophes et de Rhinolophes Euryales. Elle est intégrée aujourd'hui dans le site Natura 2000 "Chiroptères des Pyrénées Orientales" et a fait l'objet de travaux de protection (grille et panneaux explicatifs) en 2013.

Dans ce cadre, un suivi annuel est organisé par l’animateur du site Natura 2000, le Département des Pyrénées-Orientales, pour recenser les chiroptères dans le but de suivre l’évolution des populations et évaluer l'efficacité des mesures de protection. Nous avons accompagné un chiroptérologue en charge du suivi. La progression se fait à pas de loup et à la lumière rouge pour déranger le moins possible les espèces présentes. Pour les très grands essaims, le comptage ne peut se faire que sur photo que nous prenons le plus rapidement possible afin de limiter au maximum le dérangement des chauves-souris en hibernation.

Cette année, nous avons pu comptabiliser environ 2000 Rhinolophes Euryales, 308 Grands Rhinolophes, 4 Minioptères de Schreibers et 4 Petits Rhinolophes. Ces résultats sont très encourageants et montrent que les mesures de protection prises en concertation avec les différents acteurs du milieu, notamment les spéléos, portent aujourd'hui leurs fruits. On peut noter notamment la présence d'un essaim de Grands Rhinolophes dans les plafonds du porche d'entrée qui n'aurait certainement pas été là si le grillage de protection n'avait pas été mis en place et qui peut également s’expliquer par les températures douces les jours précédents le comptage, températures les amenant à se déplacer plus près de l’entrée de la grotte.

Pour rappel, la cavité est accessible aux spéléos hors période d'hivernage (1er juin au 30 septembre). Il suffit de faire une demande d'accès auprès de la réserve naturelle de Nyer en charge de la gestion du site.

Un des essaims de Rhinolophes Euryales

jeudi 23 janvier 2020

Mise en charge

Mercredi 22 janvier 2020
Conduite du Bousquet (Mosset)
Participant : Raphaël J.

La tempête Gloria s'abat sur le département depuis le début de semaine générant un aiguat de période cinquantennale. Ce type d’événement est propice pour étudier la réaction du karst face aux apports massifs d'eau. Malheureusement, les crues des cours d'eau aériens empêchent souvent de pouvoir se rendre sur place, sauf quand on y est déjà... sur place :-)

Rapha, habitant la vallée de Mosset, a pu se rendre à l'entrée de la Conduite du Bousquet. Ce petit réseau se développe au contact des granits sur un peu moins d'un kilomètre. La petite entrée à flanc de montagne mène par une belle conduite forcée à un point bas vers -16 m où se développe le réseau. Nous avions pu le visiter avec un étiage exceptionnel en juillet dernier (voir : http://les-trogloxenes.blogspot.com/2019/07/de-nohedes-mosset.html).

Aujourd'hui, ce serait difficile sans bouteilles ! Voici quelques images exceptionnelles de la crevaison de l'entrée. Le débit et la position élevée de l'entrée par rapport à la résurgence laissent imaginer les volumes d'eau dans la cavité. Les galeries que nous avions visité en juillet doivent être totalement submergées. Merci Raph pour ces belles images !


jeudi 24 octobre 2019

Reportage plongées En Gorner

Voici un beau reportage sur les explos en plongée dans l'amont du réseau d'En Gorner à Ria. Bravo à Guillaume et Yvan, on est prêts pour l'année prochaine !!

https://vimeo.com/368328179



lundi 22 juillet 2019

De Nohèdes à Mosset

Samedi 20 et dimanche 22 juillet 2019
Grotte Aven des Incantades et Rivière Souterraine du Bousquet
Participants : Raphaël G. (Goulus, 16), Raphaël J., Eric G. et Nicolas A. (Trogloxènes)

Eric et Raph étant quelques jours dans les PO avant de partir sur le camp des Picos, on en profite pour s'organiser un petit weekend spel. Après les découvertes de nos amis plongeurs dans les amonts d'En Gorner, le premier objectif est tout trouvé : la Grotte-Aven des Incantades. Cette cavité est une ancienne perte située au-dessus de celles actuelles dans la rivière de Nohèdes et qui alimentent la rivière d'En Gorner. 4 km sépare le fond de la cavité du terminus amont dans En Gorner, le rêve commence ici. La Grotte-Aven des Incantades est connue depuis très longtemps mais ce n'est qu'en 1997 qu'une équipe de l'ESR désobstrue une diaclase à -15 m et explore le reste de la cavité. Depuis, elle a été que très peu parcourue.

Le temps de préparer le matériel et de faire quelques courses, on se retrouve vers 12h dans la vallée de Nohèdes. Ce n'est qu'après un bon petit repas que nous attaquons la marche d'approche vers la cavité. Je n'ai vu l'entrée qu'une fois il y a des années et nous tournons un moment sur les crêtes. Je fais alors demi-tour pour récupérer un GPS qui nous amène très vite à l'entrée.

14h, on plonge enfin dans le porche d'entrée. On emprunte rapidement un passage sur la droite qui mène au sommet d'une diaclase de 8 m qu'on désescalade. La suite est au pied du ressaut par l'étroiture désobstruée par l'ESR. Suit alors trente mètres de passages étroits une faille concrétionnée dans laquelle on progresse allongé. On débouche alors dans une petite salle spacieuse où démarre le premier puits. En face, la faille continue et permet d'accéder après une bonne étroiture remontante à un petit réseau remontant à revoir en détail.

L'entrée

Vue de dedans

Etroiture dans la faille

Départ du premier puits (P25)

Nous équipons le premier puits de 25 m avec un palier confortable au milieu. C'est bien concrétionné et le fond du puits est un vaste gour à sec profond de 5 m avec de très belles massues. On s'extirpe du gour par une petite escalade et un petit puits nous dépose dans une nouvelle diaclase avec de belles bordures de gours et un peu d'eau au fond. Là, une corde en fixe annonce l'escalade de 7 m.

Palier dans le premier puits

Détail de concrétion

Palier du premier puits

Concrétion en massue dans le fond du premier puits

Dernier jet du premier puits

Dernier jet du premier puits

Diaclase avec bordures de gour

Concrétion

En haut, une étroiture assez sévère donne sur un petit boyau avec des gours à sec et qui plonge dans un puits de 20 m. Celui ci s'évase en une grande salle avec de magnifiques orgues et une grande coulée couleur chocolat. La suite et un méandre avec un peu d'eau qui débouche sur une belle interstrate que l'on descend sur 7 m. L'interstrate se poursuit vers la droite pleine de moon-milk mais est impénétrable. Il faut certainement passer par le haut pour rejoindre la désob de l'ESR un peu plus loin. Vers le bas, un nouveau ressaut et un plan incliné mène à une petite salle. La suite est une interstrate bien concrétionnée qui descend d'un dizaine de mètres jusqu'à un petit boyau désobstrué. Derrière celui-ci, une petite alcôve marque le fond de la cavité à -85 m. Un petit départ tiré est trop étroit pour être franchit, à revoir. On remonte alors en notant la fiche d'équipement et en faisant quelques photos. Sortie du trou vers 21h. On installe le bivouac sous une bruine bien humide et la soirée se prolongera assez tard dans la nuits.

Départ du deuxième puits (P20)

Deuxième puits (P20)

Deuxième puits (P20)

P20 et la coulée chocolat

Ressaut de 5 m avant le fond

Le ressaut vue de dessous

Placage de sable fin à -75 m

Dans le boyau terminal

Etroiture terminale à agrandir

Dimanche matin, réveil tranquille vers 9h et départ pour la vallée de Mosset après un bon petit déj. On s'arrête boire un café et regarder la topo de la Rivière Souterraine du Bousquet chez Rapha J. à Mosset. On poursuit jusqu'au parking et là, surprise : l'entrée de la Grote R1 a subi une énorme désob, elle est maintenant visible de tous le monde. Le courant d'air monstre qui s'en échappe nous incite à y rejeter un coup d’œil. Il ne semble pas que d'autre travaux y ai été fait. Il faudra tout de même remonter dans le méandre au-dessus de l'actif pour voir les travaux des anciens et désober le méandre.

La fine équipe

Désobstruction à l'entrée de la Grotte R1 

Entrée du R1

Galerie d'accès à l'actif

On ressort manger au parking puis direction le Bousquet. Nous somme devant l'entrée en 10 mn. Là aussi le courant d'air est puissant et fait s'envoler les feuilles. La cavité a été exploré par le GEK en 1957 puis le SCV à repris les explos en ouvrant un passage clef en 1985. Rapha J. a topographié la cavité sur environ 1 km et on estime à 2 km le développement total. J'étais venu l'aider une paire de fois en 2008, ça fait 11 ans qu'on y avait pas mis les pieds. Il faut dire qu'une voûte mouillante à -15 m peu refroidir. Aujourd'hui, on s'est préparé psychologiquement et on enchaîne très vite l'esthétique conduite forcée d'entrée. Au point bas, pas une goutte d'eau. On est soulagé de ne pas avoir à faire trempette !


L'entrée de la Grotte du Bousquet

Conduite forcée d'entrée

Conduite forcée d'entrée

Conduite forcée d'entrée

On poursuit dans la galerie principale en jetant un coup d’œil dans les conduits à droite et à gauche. On atteint la rivière que l'on suit jusqu'au siphon aval. Le débit est important pour la saison avec 1 bon litre seconde. On remonte l'amont jusqu'au début de la grande trémie et on fait la boucle par les supérieurs. On se retrouve tous pour attaquer l'explo de la trémie. L'eau cascade au contact du marbre et du granit, les paysages sont magnifiques. On remonte dans les blocs jusqu'à une étroiture bien humide contre la cascade qui donne dans une petite salle. L'eau arrive des blocs au plafond, c'est là que je m'étais arrêté en 2008. On poursuit avec Eric par un passage entre les blocs et on continu à monter sur plusieurs dizaines de mètres entre plafond et trémie jusqu’à un passage impénétrable. On descend alors un peu vers l'actif entre de gros blocs de granit pour se faufiler à moitié dans l'eau. On s'arrête sur une nouvelle lucarne dans les blocs car la fatigue nous empêche d'être suffisamment vigilant dans ce mikado géant. Il ne semble pas que ces passages ai été vus avant. On rejoint les copains et on ressort tranquillement en repérant les départs à revoir la prochaine fois.

Etroiture désobstruée en 1985 par le SCV

Petit ressaut et plancher stalagmitique

Galerie centrale

Aval de la rivière

Terminus 2019 dans l'actif entre les blocs de granite

Jolie contact marbre - granit

Galerie centrale

Deux vidéo pour retranscrire l'ambiance. Une du courant d'air de l'entrée, une autre du premier passage étroit dans l'actif.




Super weekend avec les copains et redécouverte de deux magnifiques cavités du département. Rendez-vous est pris pour poursuivre ces explos !

dimanche 9 juin 2019

Ça file sous le Coronat...

... oui mais il nous faudra des branchies !

Et oui, dimanche 9 juin, G. Tixier et Y. Dricot disparaissaient sous la surface du siphon amont de la rivières du Réseau d'En Gorner, l'objectif étant de poursuivre l'exploration du siphon 5. Celui-ci fut sorti après seulement 50 m de plus que l'arrêt précédent. Ce que nous ont décrit alors les plongeurs a de quoi faire rêver plus d'un spéléo. Au delà de ce S5, la rivière se poursuit en exondé en remontant. Une cascade de 4 m est même présente dans l'actif. Au-dessus, deux étages se superposent. Le premier de modeste dimensions est bien concrétionné, le deuxième à une quinzaine de mètres au-dessus de la rivière atteint une dizaines de mètres de haut et suit un magnifique miroir de faille. La zone noyée semble être dépassée et plus rien n'arrête la progression.

Enfin si, le temps et l'éloignement. Les plongeurs font demi tour après avoir parcourut environ 500 m dans leur combinaison étanche, arrêt sur un grand laminoir derrière lequel on entend la rivière gronder dans le grand noir. Il leur faut maintenant parcourir près de 2,5 km dont 1600 m en plongée avec un point bas à -42 m ! Ils émergent enfin après 12 heures d'exploration. On aurait du mal a les croire si ils nous avaient pas ramené de belles images de cette fantastique première.

Cette découverte à de quoi relancer les explorations sur le massif du Coronat. Toutefois, il faudra trouver le moyen d'accéder derrière ces 2 km de siphons. Par le haut, c'est 1000 m de dénivelé qu'il faudra parcourir et la morphologie et la géologie du massif ne laissent que peu d'espoir. Le plus réaliste serait de pénétrer dans le massif via d'ancienne perte plus loin dans les vallées adjacentes, mais ça c'est une autre histoire qu'il nous faudra écrire....

Au-delà de la découverte, cette exploration est une magnifique et grande aventure humaine. Plus d'une vingtaine de personnes venant de tous le sud de la France se sont relayées sur trois weekends pour acheminer tous le matériel nécessaire jusqu'au siphon situé à environ 2,5 km de l'entrée du réseau. De très bons moments de convivialité et de spéléo. Pour celles et ceux qui ont manqué ces supers moments, vous pouvez vous rattraper en venant nous filer un coup de main pour sortir le matériel les 22 et 23 juin prochain. D. Clua et F. Verlaguet plongerons pour récupérer le reste des bouteilles et faire des images entre le S3 et S4. Nous avons besoin d'une quinzaine de personnes pour évacuer tout le matériel.

En attendant le montage d'une vidéo correct, voici quelques captures d'écran :

Dans le S2

La cascade de 4 m

Le grand miroir de faille

Arrêt temporaire


La topo provisoire

Et une vidéo du S1 et S2 : https://vimeo.com/339077443

Voici le récit d'explo que vient de nous transmettre Guillaume :



Samedi 18 mai 2019

Vérification des niveaux d’eau et pré portage des bouteilles (4 x 10 L et 3 x 7L) et d’un scooter. Le niveau des bassines est relativement bas comme en juillet 2018 on passe sans se mouiller. Le premier pont de singe est 1 m au-dessus de l’eau par contre le second et 20 cm dessus.

Participants : Sébastien HENRION, Michel RUIZ, Nicolas ALEMAN, Christophe SOSA, Laurent STIEVENAZZO, Marc ESCARBASSIERE, Florence MOLL-ESCARPENTER, Manuel HERNANDEZ, Fanny RICHARD, Denis CLUA, Yvan DRICOT et Guillaume TIXIER

Samedi 25 mai 2019

10h30 nous rentrons à 13 dans la cavité. L’objectif est de poser les bouteilles de sécu pour le S2, et pour la pointe au départ du S4, 12h30 nous sommes au siphon. Préparation des 7 bouteilles de sécu, des propulseurs et recycleurs, nous partons dans le siphon à 14h00. Le S1 est vite franchi on laisse une 7L en sécu pour un éventuel retour en ouvert s’il y avait une défaillance sur un recycleur. Entre S1 et S2 on fait deux allers-retours un avec le recycleur et deux 10 litres chacun et un second avec une 7l et le scooter. Dans le S2 nous prenons soin de faire des images avec une caméra chacun sur le scooter et plus de 30 000 lumens d’éclairage. A la sortie du S2 on pose une 10L qui restera là pour la prochaine plongée. Là nous faisons trois allers-retours entre S2 et S3. Nous partons dans le S3 en prenant le même soin à essayer de faire de belles images mais malheureusement les batteries des cameras seront sèches avant la sortie du S3. On pose les recycleurs et acheminons devant le S4 une bouteille de 10L et deux de 7.5L pour la prochaine plongée. Au-dessus du S4 on explore un shunt de belle dimension 2 x 4 m qui redébouche sur la galerie principale 50 m plus en aval. Deux heures se sont écoulées depuis la sortie du S3. Il est temps de rentrer. Le retour sera plus facile les 5 bouteilles de sécu sont déposées nous rentrons avec uniquement une 10L à la bretelle.  Nous retrouvons Christian et Denis il est 20h30. On prend 4 petites charges et laissons tout le reste pour le lendemain et 1 heure plus tard nous sommes au parking. Nous retrouvons le reste de l’équipe pour une bonne soirée au camping de RIA.

Participants : Sébastien HENRION, Michel RUIZ, Louise VILLEMAGNE, Fréderic ARAGON, Patrick BOUTIN, Maixent LAICAIS, Lionel RUIZ, Bastien BERTHET, Denis CLUA, Christian DEIT, Remi ESAIN, Yvan DRICOT et Guillaume TIXIER

Dimanche 26 mai 2019

Nous sommes 6 pour sortir le reste du matériel soit 6 charges.

Participants : Denis CLUA, Christian DEIT, Remi ESAIN, Thomas ZETTWOOG, Yvan DRICOT et Guillaume TIXIER

Samedi 08 juin 2019

10h00 on se retrouve comme d’hab au pont d’En GOURNE, nous sommes 10 et nous avons 9 charges. On laisse partir les copains déposer les charges devant le S1 pendant que l’on s’économise. Nous avons pour mission de tester le généphone 1h30 plus tard. A l’heure donnée, on monte à l’entrée de la grotte et le signal passe nickel même après une année sous terre pour le câble. Les copains ressortent du trou à 14h00 et rentrent chez eux après avoir papoté un moment. Nous nous retrouvons tous les deux et allons acheter un peu de bouffe pour le lendemain, après 1h de tergiversations au super U de Prades, nous optons pour une tortilla sous vide et jambon sous blister pour un rapport étanchéité / poids / volume / valeur énergétique au top. On retourne au parking, il est 17h00, nous nous apprêtons à renter dans le trou mais on a oublié le pain ! Excursion à la boulangerie de Villefranche et à 18h00, nous rentrons dans la cavité. 19h00 on est devant le S1, on prépare les machines, les scooters et les bouteilles pour le lendemain. 20h30, on se fait chauffer un petit salé aux lentilles bien au chaud dans le bivouac et sous les duvets, tout va bien. 22h00, extinction des feux pour un réveil à 6h00 le lendemain.

Participants : Christophe DEZ, Raphael JAUD, Fréderic VERLAGUET, Franck GENTILI, Yves GRALL, Luc MARROU, Sébastien HENRION, Nicolas ALEMAN, Michel RUIZ, Denis CLUA, Christian DEIT, Yvan DRICOT et Guillaume TIXIER

Dimanche 09 juin 2019

Petit dej à 6h00 au bivouac, nous pensions engloutir brioche, jambon et tartines de miel mais l’appétit n’est pas au RDV. 7h45, on appelle Christian qui est au généphone pour l’informer de notre départ imminent. On monte enfiler les combi, dernier check et à 8h00, c’est parti ! Nous partons léger, toutes les bouteilles de sécu sont déjà déposées grâce au portage du WE précédent. Juste une 10L chacun à la bretelle et une 7L pour le S1. Passage S1 - S2 en une seule fois sans aller retour chaque siphon est passé en 15 minutes. On sort du S2, premier inter siphon avec le recycleur puis on retourne chercher la 10L, puis le propulseur, une heure passe. S3 passage au propulseur en 15 minutes, on remarque une partie non active au point bas du siphon car la touille d’il y a 15 jours est restée en place, par contre à la sortie du siphon on retrouve les 20 m de visibilité. Dépose à la sortie du S3 des scooters, des deux 10L de la bouffe et nous passons l’inter siphon S3 – S4 tant redouté avec le recycleur sur le dos en prenant soin d’avancer lentement pour de ne pas trop chauffer dans nos combinaisons étanches. Arrivé devant le S4, nous sommes trempés de sueur, là nous attendent les trois bouteilles déposées il y a 15 jours. Départ dans le S4 qui est vite franchi et 15 m plus loin nous chaussons les palmes dans le S5 qui nous attendait depuis un an et réciproquement. C’est Yvan qui lève la topo à partir du terminus et j’équipe la suite.

Le S5 est complètement différent des précédents ; S1, succession de grandes failles de plus de 20 m de haut, S2 magnifique conduite forcée dans des marbres blancs, S3 avec sa première partie labyrinthique creusée dans des calcaires plus gréseux, S4 gros U dont le sol est composé d’une seule grosse dune de sable et le S5 qui débute par un puits vertigineux de 30 m de profondeur encombré de blocs recouverts de patine noirâtre. A la palme, nous arrivons en 25 minutes au terminus 220 m après le départ, on raboute le fil et c’est parti pour l’explo. Ce sera de courte durée car 25m plus loin, fin du S5. Là, l’actif sort entre des blocs avec un passage au-dessus. Par contre, sur la droite une énorme galerie de 5 x 3m remonte. Il est 11h45 nous posons tout notre matériel et partons au dessus de l’actif, on le remonte sur une cinquantaine de mètres et arrivons rapidement sur une trémie infranchissable par le bas. En hauteur il y a du vide.

Retour au siphon et on part cette fois sur la grosse galerie fossile. Plus nous remontons plus c’est gros, nous sommes 5/6 m au-dessus de la rivière. Nous laissons des passages encore plus gros en hauteur et continuons dans l’axe principal de la galerie (250°). Nous progressons dans une galerie de 4 m de large par 4 m de haut, on entend la rivière sous nos pieds et au dessus de nos têtes il y a encore des galeries sous le plafond. Nous avançons laissant des passages en hauteur et en contre bas. On avance d’une centaine de mètres, nous longeons un magnifique miroir de faille d’une hauteur totale de vingt mètres et continuons à monter, là la galerie fait 6 m de large. Au bout de cinquante mètres nous redescendons avec l’actif sous nos pieds mais nous sommes toujours perchés 5 m au dessus. On continue la progression, nous laissons un passage sur la droite qui redescend sur l’actif et continuons tout droit, la galerie est énorme 10 m de large par 10 m de haut. Nous arrivons sur un lac, on pense que cela va siphonner mais ça passe à la nage et 30 m plus loin on sort du lac là, la galerie se divise à nouveau. L’actif remonte franchement par une succession de petites cascades et en hauteur un passage sur une coulée de calcite laisse entrevoir du grand vide derrière. Ça fait une heure que nous sommes sortis du siphon, nous sommes conscients que s’il y a un nouveau siphon, nous n’irons pas le plonger, du coup nous optons pour revenir au matériel pour attaquer la topo et faire des images.

Nous faisons la topo uniquement du cheminement principal. De retour à la rivière nous optons pour le passage en hauteur.  Une première coulée de calcite, on remonte de 4 - 5 m là, un passage semble redescendre vers la rivière par un laminoir bien vertical, on continue à monter, nous sommes dans une galerie très concrétionnée, il semble y avoir de l’air, nous parcourrons cette galerie de plus faible dimension complètement fossile, on doit être 10 m au-dessus de la rivière et on continue sur ce même axe de 240°. Nous entendons la rivière gronder au loin. Au bout de cent mètres on entend une cascade et nous sommes devant un vide, nous arrivons à descendre de 4 -5 m en désescalade et nous tombons au dessus d’une cascade de 4 m. On arrive à traverser par une vire et prendre pied dans la rivière. Là, 20 m plus loin la rivière sort d’un siphon (le S6) mais sur la gauche à nouveau une galerie fossile de plus grande dimension (4 x 3 m) continue. On arrête là la topo et allons jeter un coup d’œil dans cette suite. Il y a plusieurs départs et au bout d’une cinquantaine de mètres nous entendons de nouveau la rivière gronder sous un laminoir concrétionné de 4 m de large par 50 cm de haut. Ce sera notre terminus du jour. Cela fait plus de 3h00 que nous sommes sortis du S3 nous décidons d’arrêter là pour aujourd’hui.

Retour au siphon, toujours en combinaison étanche et toujours trempé de sueur, une barre énergétique et nous entamons le long retour. Il est 16h00. S5 et S4 sont une formalité. A la sortie du S4 nous laissons nos bouteilles et allons déposer nos recycleurs devant le S3, nous ferrons deux autres aller retour pour récupérer les deux 7L, la 10L et tout le petit matériel, palmes, dévidoir, instruments… deux heures passent ! Il est 18h00, c’est l’heure de notre repas tortilla jambon et boisson énergétique, ça fait du bien ! On redémarre les mobylettes et c’est parti. A la sortie du S3, on laisse 4 bouteilles que Denis et Frédo viendront récupérer dans 15 jours. A la mise à l’eau du S2, on est presque à la maison. 20h30, nous sortons du S1. Là, Christian et Denis qui sont arrivés vers 17h00 viennent nous donner un coup de main pour sortir le matos du siphon. On passe un coup de généphone à Séb qui a pris le relais de Christian aux transmissions pour lui donner des nouvelles. On leur raconte la découverte des 12h30 passées depuis le départ du S1 ; On a sortit le S5 qui fait 270m -33m, derrière nous avons fait 432 m de topo et plus de 600 m d’explo. Le cheminement principal depuis le départ du S1 totalise 2390 m. Visiblement, nous avons sorti la zone noyée et sommes passé dans une zone d’écoulement libre. On sort du trou avec une charge chacun et retrouvons Séb qui a installé le bivouac chez Jérôme DURBET et nous a préparé une bonne plancha.
Après une bonne soirée et quelques heures de sommeil, le lendemain, on y retourne !

Participants : Sébastien HENRION, Denis CLUA, Christian DEIT, Yvan DRICOT et Guillaume TIXIER

Lundi 10 juin 2019

Yvan et moi partons une heure plus tôt pour reconditionner le matériel, on commence à connaitre le trajet. Suivront 10 copains pour sortir une dizaine de charges. On laisse au fond trois bouteilles et les propulseurs pour dans 15 jours afin de ressortir les bouteilles de sécu.

Participants : Christophe DEZ, Thomas ZETTWOOG, Jean François VERMOTTE, Sébastien HENRION, Nicolas ALEMAN, Michel RUIZ, Denis CLUA, Christian DEIT, Yvan DRICOT et Guillaume TIXIER

jeudi 3 août 2017

Deux nouveaux Percno !

27 juillet 2017
Participants : Lionel Courmont (CEN-LR), Guilhem Laurents (PNR), Seb Henrion et Nicolas Aleman (TES) et en observateur Yves Aleman et André Fonteneau (GOR)
Falaises du Conflent

Comme chaque année, nous renouvelons notre collaboration avec les ornithologues du G.O.R. pour baguer des jeunes vautours Percnoptères. Nous avons de la chance, il est encore une fois dans la même aire ce qui nous facilite les choses vu que nous connaissons déjà l'accès. Il nous faut tout de même une bonne heure de marche pour atteindre le haut de la falaise.

J'équipe les deux petits rappels qui me déposes à l'entrée de la cavité où le vautour a élu domicile. Une entrée de 1 m 50 de diamètre environ s'ouvre sur une rotonde spacieuse d'environ 2 m de diamètre. Et là, surprise ! C'est encore une fois deux jeunes vautours qui m'attendent ! Je les déposes délicatement dans mon kit sherpa pour les remonter en haut de la falaise.

Lionel se charge du bagage et de la récolte de données (poids, taille...) pendant que Guilhem prend des photos de la bête. Une fois les deux jeunes parés de leur belle bague (PH7 et PH8), Seb descend les redéposer dans leur aire. Encore 3/4 d'heure pour nous pour rejoindre nos véhicules.