dimanche 8 mai 2016

Grotte Perdu

08 mai 2016
Grotte Perdu (SM5), Opoul-Périllos
Participants : Eric G., Nicolas Aleman
TPST : 4h

L'objectif initial était d'entreprendre une désobstruction dans l'Aven de la Chapelle. Arrivés sur place, Eric se rend compte qu'il a oublié son baudrier. L'idée de parcourir les puits sur un baudard en sangle et sur demi cabestan chargés avec nos kits nous fait changer d'objectif. Nous redescendons sur le plateau pour visiter la Grotte Perdu. C'est à ce moment que je me rends compte que j'ai un deuxième matos complet mais que sur mon principal, je n'ai pas mon descendeur ni ma poignée. Décidément, ce n'est pas notre jour. Je retrouve un vieux croll qui me servira de poignée et la descente se fera sur demi cabestan.

On finit de se changer sous la pluie et dans un brouillard intense avant de partir à la recherche de l'entrée de la cavité. L'entrée principale a été réouverte par l'ESR en 2010 mais condamnée par une porte. Nous comptons donc nous faufiler par l'entrée des artistes, c'est à dire un puits vertical à peine plus large que le corps ! Il nous faut un petit quart d'heure pour la retrouver bien dissimulée au pied d'une touffe de chênes kermes. Trempés comme des soupes, nous amarrons rapidement notre corde pour nous jeter dans la cavité. Descendeur en bout de longe, ça frotte, ça râpe, mais nous arrivons à bon port dans une petite salle 17 m plus bas après avoir installé un fractio sur amarrages naturels à - 7 m.

Il est midi passé, nous en profitons pour casser la croûte. Nous regagnons ensuite rapidement la base des puits de l'accès principal. Un passage bas le long d'un éboulis permet de poursuivre la galerie. Au carrefour principal, nous visitons le réseau nord-est avec une jolie galerie basse bien concrétionnée. Nous nous engageons ensuite vers le sud, la galerie de belles dimensions est ponctuée de quelques rétrécissements. Par moment, les parois sont couvertes de beaux cheveux de sorcières, excentriques épaisses de forme elliptique, qui font le principal attrait de cette cavité. Certains passages sont marqués par le passage de l'eau avec la présence de jolies banquettes, des cupules et de chenaux de voûte, preuves d'un écoulement actif à seulement quelques dizaines de mètres de la surface dans des temps reculés. Nous explorons toutes les possibilités de départ ne nécessitant pas de matériel avant de rebrousser chemin vers la sortie.

Nous revoilà à la base du puits d'entrée et on ne se bouscule pas pour entamer la remontée. Je passe devant, la remonté jusqu'au fractio se passe sans problème. La suite est plus délicate. On ne peut pas bouger les bras et seuls quelques mouvements des pieds permettent de remonter centimètre par centimètre, merci le bloqueur de pied. Eric se la joue à l'ancienne et laisse de côté le seul pantin à notre disposition. Les aspérités des parois lui permettent de progresser non sans mal et d'atteindre la surface. La pluie s'est arrêtée mais le brouillard est toujours tenace. Nous nous changeons rapidement, l'heure de l'apéro étant proche !

Quelques photos de l'entrée qui parlent d'elles même !





dimanche 1 mai 2016

Exercice secours à l'Aven Tura

01/05/2016
Aven Tura, Caudiès-de-Fenouillèdes
Participants : Sébastien Henrion, Sébastien Démeautis, Raphaël Jaud, Eric G., Chloé Pennec, Nicolas Aleman + 18 spéléos

L’heure de rendez-vous était fixée à 8h au SDIS 66. Après récupération du VLHR, le matériel est chargé et les équipes partent en convoi en direction de Caudiès. Sur place, les trois véhicules 4x4 montent le matériel et le personnel jusqu’au hameau de Malabrac, une petite équipe fera la piste à pied. Les bâtiments du hameau permettent de déposer le matériel et de se changer à l’abri de la forte tramontane. Vers 10h, une première équipe composée de Stéphane F., Fanny R. et Eric G. part avec pour mission d’équiper la cavité jusqu’à -150 m, à la base du P36. Pendant ce temps, Jean-Laurent L. présente la caisse médicale aux personnels. Les personnels sont ensuite répartis en équipe de 3 avec un chef d’équipe, chaque équipe ayant pour mission d’équiper une partie de la cavité pour l’évacuation.
Vers midi, toute les équipes sont sous terre et s’activent sur leurs ateliers. La cavité n’ayant jamais l’objet d’exercice secours, plusieurs spits doivent être plantés, un bon exercice pour certains qui n’en ont pas l’habitude. Vu la configuration bien vertical des puits, les ateliers sont principalement des balanciers. La civière décolle du fond vers 15h et les obstacles s’enchainent. Les reprises se font sans difficultés. Seul une sortie de puits en méandre étroit nécessitera un peu plus de travail mais l’équipe en place trouvera une solution efficace pour extraire la civière de ce mauvais pas. La victime fictive est sortie du brancard en bas du P10 car l’étroiture en bas du puits d’entrée ne permet pas son évacuation. Le déséquipement de la cavité s’organise dans la foulée et la sortie des personnels s’échelonnera entre 18h et 20h. De retour à Malabrac, le matériel est rangé et un petit débriefing permet de clôturer l’exercice.
Le temps du trajet, nous nous retrouvons au SDIS vers 22h pour le rangement du matériel. Au vu de l’heure tardive, il est décidé d’un commun accord de nous retrouver le mercredi soir pour le nettoyage du matériel. Toutes les personnes ayant participé à ce nettoyage sont aujourd’hui vivement remerciées !!

Cela faisait quelques temps que nous souhaitions organiser un exercice sur le plateau de Malabrac. Ce haut lieu de la spéléologie locale n’avait pas vu les équipes de secours depuis de nombreuses années, excepté un barnum à l’Aven de la Vache. Malgré les difficultés (temps de trajet, accès, climatologie…), un grand nombre d’équipiers a encore une fois répondu à l’appel. Du point de vue technique, l’exercice s’est déroulé de façon optimale puisque la civière a été évacuée depuis la côte -150 m sans aucunes difficultés. Du point de vue formation, chaque équipier a su trouver sa place et s’intégrer au sein d’une équipe avec des missions diverses et dans des conditions de quasi-réel. Enfin, du point de vue organisation, les conditions météorologiques et la zone géographique éloignée ont fait déborder le timing, mais cela n’a pas affecté la détermination de la quasi-totalité des personnels engagés. Merci à tous les participants à cet exercice et rendez-vous le 20/11/16 pour un nouvel entrainement !

Départ pour l'équipement

Le refuge de Malabrac, camps de base pour le secours

Présentation du matériel médical

Le P56 de l'Aven Tura

Le puits d'entrée de 18 m de l'Aven Tura

Sur le lapiaz au bord de la cavité